Abstract:
Les partitions ethniques urbaines sont le produit et le reflet des enjeux, souvent, liés à
l'ethnicité et l'affiliation politique, à des discriminations ethniques, à des situations
inéquitables ou à des relations de pouvoir changeantes entre des groupes ethniques
majoritaires et minoritaires. Ces enjeux accentuent les tensions intercommunautaires qui se
transforment souvent en conflits et violences.
Le présent travail interroge les rivalités entre les deux communautés "arabe" et "mozabite",
qui coexistent sur le territoire de Ghardaïa. Souvent qualifiés d'ethniques, les conflits entre
ces communautés trouvent leurs explications dans des enjeux de pouvoir, de territoire et
d'identité.
Les politiques urbaines émanent de l'idéologie adoptée par le pouvoir central. Elles
ignorent volontairement les appartenances identitaires infranationales. Au niveau local, à
Ghardaïa, cette politique a suscité une compétition sur la ville et son espace entre les
groupes ethniques, où l'accès à la ville et sa gestion est devenu un signe de pouvoir et ses
ressources foncières une source de tensions. La planification urbaine, en tant qu'instrument
de la mise en forme sociale de l'espace, a un rôle dans la stabilité ou l'instabilité des
relations interethniques, c'est dans ce sens que nous avons essayé de mettre en exergue ses
effets sur l'organisation ethno-spatiale et donc sur les rapports intercommunautaires.
La gestion des ressources publiques, foncières particulièrement, dans un territoire marqué
par la diversité culturelle s'avère déterminante. Devant les dysfonctionnements dont
souffrent les institutions publiques algériennes, en général, et les défis qu'affronte le
territoire de Ghardaïa, en particulier, un nouveau mode de gestion urbaine et une nouvelle
démarche plus inclusive et qualitative de la production urbaine semblent nécessaires.
Le projet urbain, en tant que démarche globale et participative, est un outil permettant
d'assurer une équité urbaine fondamentale à un mieux vivre ensemble dans une société
diversifiée. Ainsi, il apparait indispensable de mettre en place un projet de territoire, qui a
une vision partagée pour un futur commun, autour duquel s'engagent les acteurs locaux
concernés afin d'assurer une amélioration des conditions économiques, de la qualité de
l'espace urbain et des relations interethniques.