Abstract:
Les mutations et transformations urbaines ont toujours fait partie des mécanismes de
développement des villes, qu’elles soient spontanées ou planifiées. Le renouvellement urbain
intervient comme stratégie de reconquête et de rénovation des tissus existants dans un contexte
mondial de surconsommation des ressources naturelles et de fortes expansions des villes, pour
s’insérer dans les prérogatives du développement durable et reposant sur les ressources locales
de celles-ci, et leur assurer plus de cohérence urbaine.
Pour notre présent travail nous avons pris Constantine en tant que cas d’étude. Cette ville fait
face depuis longtemps à une multitude de disfonctionnement, initialement liés à son site et à sa
morphologie mais qui n’ont cessé de prendre de l’ampleur sous l’effet des pressions
démographiques et sociales, et devant l’inefficacité des instruments d’urbanisme et des
politiques de gestion urbaine. L’étalement urbain, l’épuisement des terrains urbanisables,
l’asphyxie du centre, la dégradation du cadre bâti et l’altération de l’image de la ville sont autant
de constatations qui incitent à l’élaboration et la mise en place d’une stratégie concertée et
cohérente d’un renouvellement urbain, intégrant la démarche de projet urbain, dans la ville de
Constantine.
D’autre part nous avons procédé à l’identification des potentiels cas d’intervention et qui
représentent des opportunités de renouvellement urbain, par la requalification, la régénération,
la récupération foncière et la rénovation (friches et poches urbaines, sites d’intérêt stratégique,
habitat précaire, ZHUN, lotissements, …)
Bien que les notions de renouvellement urbain, projet urbain, réinvestissement des friches
urbaines… n’aient été introduites dans la législation Algérienne qu’en tant que concepts, à
Constantine elles ont été utilisées dans les annonces de beaucoup de projets de réhabilitation du
vieux bâti, de modernisation et de restructuration qui ont été lancés et réalisés sous légitimation
politique ou évènementielle.
Alors, concrètement, une telle stratégie de renouvellement urbain est-elle réalisable sur le plan
opérationnel ? Alors qu’il n’existe pas de cadre législatif solide permettant la prise en charge
de celle-ci et sa projection à travers les instruments d’urbanisme, aujourd’hui devenus obsolètes
face aux nouveaux enjeux urbains.
Ces contraintes législatives et règlementaires réduisent les perspectives de renouvellement de
la ville sur des bases solides et concrètes, et amoindrissent encore plus les chances des acteurs
de la ville de s’unir pour reconquérir la ville, assurer un développement durable, et améliorer
l’image et le cadre de vie de la ville.