Abstract:
Jadis à l’heure de la cité et du bourg ou actuellement au temps des mégalopoles,
l’habitat a toujours su garder une place importante dans la ville, car sans lui, les autres
fonctions de la ville verraient leur développement entravé. Cependant, les critiques qui
visent l’habitat, au cours du dernier siècle, portent moins sur sa partie interne : le
logement, que sur sa partie externe : les espaces extérieurs. En effet, ces derniers, ont
acquis au fil du temps une image peu reluisante due notamment aux nombreux maux
sociaux et maladies psychonévropathiques détectés, à une composition formelle
incertaine et à une hiérarchie de statuts problématique, etc.
Cette réalité serait le fruit de plusieurs décennies de production d’habitat collectif et de
ses espaces extérieurs selon une doctrine « fonctionnaliste » et une vision
« universaliste » de l’Homme, propre au mouvement moderne. Si par ricochet, la
production de l’habitat, en Algérie, s’est éminemment caractérisée par l’aspect
quantitatif ; le discours politique actuel est porteur d’ingrédients de qualité supposés
être contenus dans le paradigme de « requalification », pendant, au niveau local du
« rattrapage ». Le présent travail ambitionne, alors, une investigation dans cette
ressource-qualité, pour proposer une réflexion orientée vers une requalification des
EEHC, contextualisée à Bejaia, assise sur le concept de l’habiter. C’est à partir d’un
parti pris méthodologique, l’habiter, que ce travail a pris corps et est devenu possible. Il
représente le prisme à travers lequel une requalification passerait d’une opération
superficielle à une autre, opérante. La démarche projet urbain serait alors idoine pour
intégrer l’idée dans des démarches de faisabilité processuelle de l’heure.
A travers ce travail, nous avons tenté de dépasser le stade de la simple critique, aussi
louable et constructive soit-elle, pour se hisser à celui de la proposition. En effet, cette
recherche, certes modeste, est une velléité affirmée d’oeuvrer pour des EEHC de
qualité à travers l’élaboration d’un référentiel. A ce document, incomberait la tâche
d’apporter les éléments de réponses afin de contribuer à la requalification de ces
espaces en restant valable pour toutes les formes d’habitat de type collectif, sans
néanmoins en être une recette ou une méthode à « imposer » à tous ces espaces du
territoire national sans égards aux nuances de l’habiter. Afin de concilier ces deux
impératifs, rester valable dans des contextes différents sans être une réponse-type, ce
dernier s’appuiera sur deux parties, l’une invariable qui pose les fondements de la
démarche ; l’autre, variable, à laquelle retournerait la responsabilité de prendre en
compte le contexte du lieu d’étude, il lui revient aussi de palper les spécificités
habitantes et de « débusquer » la banalité quotidienne.
Cet apport à la problématique de requalification des EEHC ne pourrait se suffire à luimême.
Autrement dit, sans une démarche processuelle adéquate, le référentiel
s’arrêterait à une contribution académique, aux contours stériles. Le projet urbain est, à
l’heure actuelle, le seul à même de répondre aux objectifs d’ouverture démocratique au
processus décisionnel de tous les acteurs y compris les habitants ; de souplesse dans
son élaboration, son exécution, son évaluation et enfin, de conciliation entre dessins
techniques et desseins stratégiques. De cette « boite à outils » qu’est le projet urbain, la
requalification est celle qui s’inscrit naturellement dans la stratégie « faire la ville sur la
ville », celle qui prétend s’appuyer sur l’héritage passé, saisir les opportunités présentes
afin de projeter un « à-venir » meilleur.