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L’infarctus du sujet jeune est rare mais son incidence est en progression constante, l’identification du
profil de risque de ces patients permettra une prévention primaire.
Objectifs : Les objectifs de ce travail sont d’identifier le profil des jeunes patients hospitalisés dans le
service de cardiologie du CHUC du 1erjanvier 2013 au 31 mars 2016 pour IDM, d’établir le pronostic à court
et à moyen terme, d’évaluer la prise en charge thérapeutique et le niveau d’atteinte des objectifs en
prévention secondaire.
Méthodes : Nous avons réalisé dans un premier temps une étude observationnelle descriptive et dans un
deuxième temps une étude cas-témoin pour démontrer l’association entre l’hyperhomocystéinémie
(HHCY), le polymorphisme du gène C677T de la MTHFR et le risque d’IDM chez les sujets jeunes dont l’âge
est ≤45 ans chez les hommes et ≤55 ans chez les femmes.
Résultats : 200 patients (11%) ont été inclus dans cette étude dont l’âge moyen était de 42 ans, avec une
nette prédominance masculine. L’évènement coronaire est inaugural avec une présentation clinique
souvent typique. La présentation électrique la plus fréquente est Le STEMI (74%) avec une prédominance
du territoire antérieur et de l’IDM avec onde Q.
Les FRCV classiques sont par ordre décroissant : la dyslipidémie, le tabagisme, l’obésité abdominale, le
diabète, l’HTA et l’hérédité coronaire, avec en moyenne 2 FRCV et plus chez la femme.
Une HHCY est retrouvée chez 56% des patients, essentiellement chez les hommes fumeurs. Nous avons
constaté qu’il existait une association entre le polymorphisme TT du gène codant pour la MTHFR et la
survenue de l’IDM, OR :2,34 ; P : 0,04. La présence d’un SAPL et l’existence d’un déficit en facteur de la
coagulation sont rares.
L’athérosclérose est l’étiologie principale, avec une prédominance de l’atteinte mono tronculaire siégeant
essentiellement sur l’IVA ostio-proximale. 20,2% des patients ont des coronaires angiographiquement
saines.
La reperfusion est réalisée essentiellement par fibrinolyse dans un délai moyen de 4,44±2,43 H
significativement plus long chez les femmes. La revascularisation est plus réalisée dans le groupe NSTEMI,
malheureusement la femme reste significativement moins explorée.
Les complications hospitalières sont de l’ordre de 24% avec une mortalité 4 fois plus élevée chez les
femmes.
Les évènements cardio-vasculaires ont nettement diminué au cours du suivi.
L’évaluation de FR à 12 mois a révélé une non atteinte des objectifs (reprise du tabac chez plus du tiers
des patients, une augmentation de l’obésité et du surpoids et surtout de l’obésité abdominale etc. La
mauvaise observance thérapeutique était faible, surtout observée avec les statines (9,1%).
Conclusion : La principale cause de L’IDM du sujet jeune est l’athérosclérose avec prédominance des
facteurs de risque métaboliques modifiables accessibles à un simple dépistage et à une prévention
primaire. Le pronostic est moins bon pour les femmes avec plus de morbidités et de mortalité à la phase
aigüe. La prévention secondaire reste insuffisante et la création des unités de réadaptation cardiaque
permettra d’améliorer l’atteinte des objectifs. |
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