Abstract:
L'insuffisance rénale chronique terminale est un problème de santé publique du fait de la
croissance annuelle constante et du coût global engendré. Pour bien gérer cette pathologie, beaucoup de pays dans le monde ont mis en place leur registre national qui constitue le tableau de bord de gestion adéquate de cette maladie. Notre travail est venu répondre à un besoin pressant, on mettant en place entre Septembre 2009 et Décembre 2011 un registre local via un réseau de soins de néphrologie, dédié à cette
population de malades, baptisé Cirta -Rein (Réseau d'Epidémiologie et d'Information en
Néphrologie de Constantine).
Ce registre a pour objectif principal de déterminer la prévalence et l'incidence de l'insuffisance rénale chronique terminale dans notre wilaya, étudier les caractéristiques épidémiologiques et évaluer la prise en charge au regard des recommandations et guidelines
en la matière.
Aussi dans notre travail nous avons analysé les décès survenus durant ces trois années ce qui n'a jamais été fait dans notre pays jusqu'à ce jour.
Au 31/12/2011 nous avons recensés 629 patients prévalent en traitement de suppléance et 87 patients incidents pour la même année, ce qui nous donne une prévalence à 667cas et une incidence à 92 cas par million d'habitants (pmh).
Le traitement prédominant est l'hémodialyse au centre (95 % des cas); la greffe rénale ne dépasse pas les 3% des cas.la dialyse péritonéale moins de 2 % des cas. L'âge moyen des patients est de 52 ans avec une légère prédominance masculine (sex-ratio 1,3).70% des patients n'ont pas eu un suivi néphrologique avant le stade terminal expliquant
le taux élevé des premières séances sur catheters central ainsi que les 26% des néphropathies
méconnues.
La néphroangiosclérose (25%) et le diabete (21,6%) viennent en première position des néphropathies initiales.
L'hépatite virale B et C a été estimée à 3,5% et 16% respectivement, nous plaçant ainsi dans
uns situation intermédiaire dans le monde. Cirta-Rein se veut un moyen scientifique fiable et incontournable dans la gestion de cette pathologie aussi bien par la communauté médicale que par les autorités de santé locales, en attendant la réalisation du registre national.