Abstract:
Bactériologie du pied diabétique infecté à l’Hôpital Militaire Régional
…..........Universitaire de Constantine
L'UPD est la première cause d’hospitalisation du patient diabétique, dont 50 %
s’infecteront, avec un risque d’amputation sept fois plus élevé chez cette population, engendrant
une morbidité et une mortalité très élevées, avec des surcoûts financiers. Par conséquent, le
traitement antibiotique approprié est important, car une très grande variabilité bactériologique de
cette infection est observée au niveau régional, national et mondial.
D’où l'importance de notre étude qui vise à mettre en évidence les caractéristiques
démographiques, cliniques et biologiques de ces patients et à identifier les bactéries responsables,
ainsi que de déterminer leur profil de sensibilité aux différents antibiotiques, en mettant en exergue
les proportions des infections mono et polymicrobiennes, le groupe bactérien prédominant, mais
surtout l’influence des BMR sur cette pathologie infectieuse et ses liens avec les autres facteurs
impliqués.
C’est une étude prospective monocentrique portant sur 143 malades hospitalisés
à l’HMRUC, durant la période allant d’avril 2020 à mai 2022, pour une prise en charge du pied
diabétique infecté, diagnostiqué cliniquement, avec un grade supérieur ou égal à 3 dans la
classification de Wagner des plaies du pied diabétique, une HbA1c supérieure ou égale 6.9 %
et provenant même d’autres structures de santé. L'étude est menée conformément aux principes
d’éthique et déontologie. L’interprétation bactériologique est réalisée selon les recommandations
du CLSI.
Les patients les plus touchés sont des hommes (79 %), âgés de plus de 65 ans (48.2 %),
atteints de diabète de type 2 (97.2 %), diagnostiqué depuis plus d’une dizaine d'années (64.3 %),
présentant un déséquilibre chronique du diabète, hypertendus (77.8 %) et tabagiques (69 % des
hommes), avec une AOMI (93.7 %) comme principal facteur de risque et une neuropathie (69.9 %),
ainsi que plusieurs facteurs prédisposant à la formation des UPD, telles que la sédentarité
(75.5 %), l’habitude marché pieds nus (55.9 %) et l’hyperkératose (63.6 %). La dimension des lésions
est associée significativement avec l’ancienneté du diabète (p=0.015), et la durée des séjours
hospitaliers avec le taux de la glycémie (p=0.049). Ces patients ont été pris en charge dans d’autres
structures de santé.
Les infections monomicrobiennes sont majoritaires (61.5 %). Bien que les BGN (61.9 %)
soient plus incriminés que les CGP (38.1 %), Staphylococcus aureus est le microorganisme le plus
isolé, avec un taux de 26.8 %, dont 56.6 % sont des SARM qui représentent 44.3 % de la totalité des
BMR isolées. Proteus mirabilis est la deuxième bactérie la plus retrouvée (12.6 %), dont 15.4 % sont
des BMR. 25.3 % de nos entérobactéries identifiées, ont ce profil de multirésistance. Ces BMR sont
associées avec les types de lésions constatées (p = 0.014), les taux de globules blancs supérieurs
à 12000/mm3 ou inférieurs à 4000/mm3 (p = 0.001) et enfin avec les taux de CRP (p = 0.000).
L'amikacine et l’imipénème sont les meilleurs antibiotiques pour les BGN. Alors que les CGP sont
tous sensibles à la fosfomycine, à la pristinamycine et à la vancomycine, d'où la nécessité de mettre
en place des protocoles thérapeutiques adaptés à l'écologie bactérienne locale.