Abstract:
Introduction : L’usage de substances psychoactives représente un lourd fardeau, aussi bien pour l’individu
que pour la société. Le développement de techniques analytiques performantes et l’utilisation de milieux
biologiques non conventionnels aidera dans le diagnostic et la prévention de la toxicomanie. L’objectif
principal de ce travail est d’évaluer l’intérêt de l’utilisation des cheveux comme prélèvement
complémentaire aux urines dans l’analyse de drogues.
Matériel et méthode : il s’agit d’une étude descriptive transversale à visé analytique, le recrutement des
patients a été réalisé au niveau du centre de soins intermédiaires en addictologie et l’EHS de psychiatrie
Constantine, deux types de prélèvements ont été effectués (urine et cheveux) accompagnés de fiches de
renseignements soigneusement remplies par les psychiatres. Nous avons analysé les échantillons urinaires
par des méthodes immunologiques (EMIT et immun chromatographie), les échantillons positifs sont
confirmé par CPG-SM (après mise au points et validation), tous les échantillons urinaires sont analysés par
le TOXTYPER.
Les échantillons de cheveux sont analysés par méthodes chromatographique, un screening général par le
TOXTYPER, screening des drogues d’abus par UPLC-SM-SM et les résultats positifs sont dosés par CPGSM,
dosage des BZD par UPLC-SM-SM, dosage de la Prégabaline par UPLC-SM-SM, dosage du THC et
THC-COOH par CPG-SM-SM.
Le traitement des données statistiques nous avons utilisé le SPSS et le MINITAB.
Résultats :97% (n=115) de nos patients sont de sexe masculins, la moyenne d’âge est de 26±7ans, 66,1%
(79) ont commencé la consommation à un âge inférieur à 18ans, 88% (105) sont célibataires, 51,3% (61)
ont un niveau moyen, 48% (57) sans profession, 91,3% (109) bénéficient d’un suivi en addictologie, 39%
(46) sont suivis en psychiatrie, selon les déclarations des patients 76% (90) ont consommé le Cannabis, 82%
(98) la Prégabaline, 57% (68) les benzodiazépines, 66% (79) le Tramadol, 9% (11) la Cocaïne, 2% (2) la
Morphine, 22% (26) l’Alcool, 30% (36) MDMA(Ecstasy), 8% (10) Parkinane (Trihexyphénidyle
chlorhydrate). Notons que 90% (107) sont des fumeurs. Les motifs de consommation sont surtout la curiosité
(46%, 55), la recherche du plaisir (44%, 52) et l’atténuation du stress (39%, 46).
L’analyse urinaire a donné pour le THC-COOH 47% (56) de résultats positifs par CPG-SM (47% positifs
par WERFEN, 49% positifs par VIVA E), pour le Tramadol 31% (37) de résultats positifs par CPG-SM
(27% positifs par TOXTYPER, 33% positifs par VIVA E), pour les BZD 44% (52) de résultats positifs par
CPG-SM (49% par VIVA E, 14% par TOXTYPER, 49% par WERFEN), pour la Prégabaline 64% (76) de
résultats positifs par TOXTYPER (45% par tests rapides), 8% (10) d’échantillons urinaires sont positifs
pour les amphétamines par WERFEN et 6,5% (8) sont positifs pour le MDMA (Ecstasy) par TOXTYPER,
aucun cas positif pour la Cocaïne et la morphine.
Selon les résultats obtenus 8% des échantillons négatifs pour le THC-COOH, 50% pour le tramadol, 23%
pour la codéine, 7,9% pour la morphine, 50% pour la prégabaline, 31% des résultats négatifs pour les
benzodiazépines, 36,7% pour la MDMA et 6,3% pour la cocaïne sont positifs sur cheveux.
CONCLUSION :L’intérêt de l’utilisation est donc évident l’introduction de l’analyse du cheveu dans les
laboratoires de toxicologie va s’en doute être très utile et améliorera les résultats de l’expertise
toxicologique, néanmoins cela nécessite des appareils très performants avec des détecteurs double masse
pour assurer une bonne sensibilité surtout que les concentrations au niveau des cheveux sont de l’ordre de
quelques ng/mg, voire de pg/mg pour quelques drogues comme les benzodiazépines et le THC-COOH.