Abstract:
Introduction :
FA et IC chacun à part est greffé d’une morbi-mortalité élevée et est considéré comme étant un
problème majeur de santé publique. En Algérie, plusieurs études se sont intéressées à l’IC,
néanmoins on ne trouve pas d’études qui s’est consacrée spécialement à l’évaluation de l’impact
pronostique de l’association entre l’IC et la FA. C’est pourquoi, il nous a semblé intéressant
d’étudier l’impact pronostique de cette association dans une population algérienne.
Objectifs :
L’objectif principal est d’estimer, par la méthode de Kaplan Meier, la mortalité à 12 mois et le
taux de réhospitalisation ainsi que le composite entre les deux. Comme objectif secondaire,
étudier l’impact de chaque type de FA en matière de morbi-mortalité ainsi que chaque
phénotype de l’IC et apprécier la prévalence du nouveau phénotype HFimpEF dans le sousgroupe
HFrEF initial de notre population d’étude.
Population et méthode :
Il s’agit d’une cohorte descriptive ,observationnelle prospective, du 13 Mai 2021 au 18
décembre 2023, incluant tous les patients de plus de 18 ans consentants ayant présenté une
insuffisance cardiaque chronique (ICC) en Fibrillation Atriale (FA) à 12 mois de suivi au sein
du service de cardiologie à l’Hôpital Militaire Universitaire Régional de Constantine.
Résultats :
210 patients ont été inclus dans l’etude,Notre population était constituée majoritairement
d’hommes (58.1%) avec un sexe-ratio H/F de 1,4, l'âge moyen était de 69.59 ans.
Les principaux FDR cardiovasculaire étaient l’HTA (85,7%) suivi de prés par le diabète
(64.3 %), les principales comorbidités étaient les AVC dans (51%) et l'IRC (48.6%). l'étiologie
est souvent unique, dominée par la cardiopathie ischémique (28,6%) puis la CMR dans 22,9%,
la cardiopathie hypertensive dans 20% des cas, valvulaire (17,1%) et la CMD idiopathique
(8,6%).La forme chronique de l’IC était enregistrée dans 52,4% des cas, contre 47,6% des cas
avec un tableau aigue. La répartition de notre population d’étude, selon le type de FA
diagnostiquée, était : 56,7% en FA permanente/persistante et 43,3% en FA paroxystique. La
répartition des phénotypes de l’IC en FA étaient respectivement : HFpEF (42,4%), HFmrEF
(27,6%) et HFrEF (30%). Le taux de mortalité à 12 mois, toutes causes confondues, est de 28,1%
dont les causes de mortalité étaient à 86,5% suite à un épisode d’ICA, 10,10% des cas suite à
une mort subite et 3,4% dans les suites d’une tamponnade cardiaque. Le taux de réadmission
annuel est de 97,6%. Plusieurs facteurs pronostiques sont identifiés en analyse uni variée ; les
facteurs prédictifs potentiels indépendants de mortalité toutes causes sont : FA
permanente/persistante RR :4,875, IC [2,437 - 9.754] et p =0.000000005, HFrEF RR :3,179,
IC [1,942-5,202] et p = 0.000000005, HTA, dyslipidémie, obésité, IRC. A l’ETT une PAPS ≥
45 mmhg , GLS < 6,98 et un VTDVG≥ 100 ml/m2 ,Volume de l’OG ≥ 40 ml/m2, la prise des
AVK et un taux Hb < 10 g/dl. L’analyse multivariée sur le modèle de Cox a révélé que le
phénotype HFrEF est un prédicteur indépendant de mortalité stable et permanente et cela quel
que soit le type de FA : en association avec la FA permanente/persistante : p = 0,007, HR =
2,415 et IC [1,266-4,608]. Avec la FA paroxystique : p = 0,029, HR = 5,308 et IC [1,186-
23,754].
Conclusion :
L’association FA et IC est un enjeu majeur en termes d’économie de santé et de santé publique
auquel l’on devrait faire preuve de beaucoup plus d’intérêt afin de réduire leurs morbi-mortalité
effroyable comme en atteste notre étude.