Abstract:
Plusieurs fois centenaire, le centre historique de Constantine est de plus en plus convoité par
les constantinois notamment pour son activité économique et, à degré moindre,
administrative. Aujourd’hui, avec son nouvel statut de secteur sauvegardé, ce centre
historique est appelé à susciter davantage d’intérêt dans la mesure où il est voué à devenir le
centre de rayonnement culturel et touristique de la ville.
Le processus de métropolisation enclenché depuis quelques années, engendrera
inévitablement des transformations qu’il convient de maitriser substantiellement. C’est
l’objectif principal du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur (PPSMVSS), qui
suit règlementairement l’érection en secteur sauvegardé. Ce plan permettra non seulement de
contrôler l’évolution du centre historique, mais d’élaborer une stratégie flexible d'exploitation
dans le but de conserver, voire renforcer le fonctionnement du centre historique tout en
assurant sa survie et sa promotion.
La mise en valeur en tant qu’objectif principal du PPSMVSS, oblige le choix d’une démarche
et d’une méthode de conception et de mise en oeuvre des différents types d’interventions
(restauration, réhabilitation, réparation etc.) afin d’aboutir à des résultats probants et de
mettre en place un processus de réflexion et de conception de projet qui s’adapte au contexte,
aux conjonctures et aux besoins réels de la population.
Le projet urbain permettant d’engendrer un processus de transformation favorable à la ville
et à ses habitants, s’impose comme contexte convenable à la mise en oeuvre de plans si
spécifiques, et nécessite une méthodologie d’analyse et de confection d’un projet de
transformation favorisant l’adaptation de l’espace face aux nouvelles logiques d’exploitation.
Par sa structuration en éléments de patrimoine forts que sont les monuments historiques, les
espaces publics, l’habitat, le maillage viaire, le centre historique de Constantine, dispose
d’atouts potentiels pour amorcer et favoriser l’évolution de son tissu. Ces éléments
soutiennent la logique de sa formation et se présentent comme des supports potentiels du
processus de sa transformation. L’approche typo-morphologique s’avère particulièrement
convenable pour assurer la reconnaissance des dits supports et permet la maitrise de leur
exploitation dans les projets de restructuration de l’espace, en l’occurrence la réhabilitation du
bâti. Ces éléments de patrimoine, indicateurs et garants des potentialités urbaines, sont ainsi
les éléments régulateurs du renouvèlement urbain.
Dans cette logique, la réhabilitation passe obligatoirement par la lecture, l’analyse et
l’évaluation approfondies des caractéristiques patrimoniales du centre historique avec lesquels
il faudra recomposer la ville. Cette démarche prospective de l’armature urbaine permettra de
faire apparaitre la logique structurelle du tissu, d'identifier ses composantes et de définir la
relation entre tous les éléments intervenant dans sa formation pour mettre en place une
logique rigoureuse de conception de plans de transformation réels et réalisables sur terrain.
Ce sont là les raisonnements qui ont soutenu le projet de réhabilitation de Bab El Djabia pour
construire une manière de concevoir le traitement du patrimoine architectural et surtout de le
concrétiser sur terrain via toutes les exigences et contraintes d’une mise en oeuvre prémisse.