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Le présent travail aborde l’habitat collectif social sous une nouvelle vision. Il pose et développe les rapports qui lient l’appropriation de l’espace aux déterminants morphologiques des cités collectives (en tant que variété de modèles physiques) d’une part, et les rapports qui lient les manières d’appropriation aux caractéristiques socio-économiques et culturelles des familles habitantes d’autre part.
A partir d’une approche comparative entre les déterminants morphologiques de cinq cités : El Istiqlal, Enacer, Ben Boulaid, Ben Mhidi et la nouvelle cité (530 logements), sis à Oum El Bouaghi, et les déterminants socioéconomiques et culturels de leurs habitants, nous avons détecté deux groupes de cités : le groupe de cités favorisées appropriées positivement par leurs populations, et le groupe des cités défavorisées appropriées négativement. Nous avons testé le rôle modérateur des variables (Durée d’occupation du logement, Stade évolutif ou involutif de la famille) au niveau du lien de causalité entre l’exiguïté spatiale et la satisfaction, et, les variables modératrices (Statut du logement, Attachement affectif) au niveau du lien entre la position sociale des ménages et la satisfaction. Les résultats infirment l’effet modérateur du stade évolutif/involutif des familles et confirment la modération des autres variables.
A l’échelle des immeubles et des espaces de proximité, les modalités d’appropriation varient d’une cité à une autre. Elles illustrent l’interdépendance entre l’appropriation du logements et l’appropriation de l’espace extérieur. Plus l’exiguïté spatiale est contraignante, plus l’immeuble et l’espace de proximité, sont appropriés pour compenser le manque d’espace. Dans le but de prendre un écart par rapport à notre contexte national et ses logiques habituelles, nous avons couronné notre analyse par une étude de quatre exemples d’habitat collectif social européen. Les stratégies utilisées peuvent être à notre secours pour fortifier notre comparaison interne, et s’inspirer des méthodes et des stratégies d’ailleurs
Le point crucial auquel cette recherche est arrivée, est l’effet des déterminants sur le niveau de satisfaction des habitants. L’exiguïté spatiale contraignante, le matériau de construction précaire, et le mauvais voisinage poussent des familles soit au repli, soit à la fuite, soit à la désappropriation de l’espace. Cette thèse de doctorat est un travail d’analyse et de réflexion sur la réappropriation de l’espace dans l’habitat collectif social, outrepassant l’échelle architecturale pour atteindre une échelle urbaine. Reliant les pratiques et les perceptions de l’espace pour atteindre des perspectives en vue d’améliorer l’habitabilité dans nos structures de vie. Les cités collectives d’Oum El Bouaghi ont été retenues à cet effet. |
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