Abstract:
Résumé :
Les antidotes occupent une place appréciable dans la prise en charge des intoxications aiguës
au niveau des services des urgences des différents établissements de santé, cependant, ces
médicaments d’extrême urgence souffrent d'un énorme handicap d'administration suite à leur
non-disponibilité.
Nous avons mené cette étude pour le but d’évaluer La place et la disponibilité des antidotes
dans le traitement des intoxications au niveau du service d'urgence.
Notre travail a été réparti en 3 volets majeurs pour pouvoir répondre à cette problématique.
Premièrement, nous avons mené une étude épidémiologique descriptive pendant la période du
1 Janvier au 31 Mai 2022 au niveau du service des urgences médicales et de la réanimation du
CHU Constantine. Sur 69 cas d’intoxications aigues reçus à ce service, la majorité des cas sont
des intoxications intentionnelles chez les deux sexes et tous les tranches d’âge étudiées, où les
médicaments représentaient le produit en cause le plus fréquent. La prise en charge de ces cas
était basée essentiellement sur le traitement symptomatique cependant le traitement antidotal a
été utilisé seulement dans 19 % des cas.
Ensuite, Une étude descriptive transversale a été menée auprès des pharmaciens hospitaliers
du CHU Constantine par le biais d’un questionnaire, a montré que 61% des antidotes indiqués
dans la nomenclature algérienne des médicaments autorisés de l’année 2022 sont disponibles
au niveau de la pharmacie hospitalière et que leur disponibilité variait de 0 % ( NAcétylcystéine,
Fumazénil, acide dimercaptosuccinique, Défériprone, Pralidoxime,
Hydroxocobalamine) à plus de 90 % ( charbon activé ,Glucagon, Naloxone…).
Finalement une autre étude descriptive transversale a été effectuée à l’aide d’un questionnaire
en ligne destiné aux pharmaciens occupant des postes au sein des industries de fabrication
pharmaceutique à l’échelle nationale, indique qu’aucune base de fabrication des médicaments
fabrique les antidotes et ils ont justifié ça par l’atypie de cette classe et de leur utilisation qui
est rare.
Cette étude a mis en évidence la non disponibilité de plusieurs antidotes au niveau du CHU
Constantine, La méconnaissance des antidotes de la part des pharmaciens hospitaliers et des
cliniciens du service des urgences, un manque de collaboration majeur entre le service des
urgences et le service de la toxicologie et finalement un véritable handicap de production de
cette classe des médicaments en Algérie constituait la contrainte majeure de leur dotation.