Abstract:
L'urbanisation est l'une des activités humaines les plus influentes et peut modifier radicalement
les paysages (McKinney, 2002 ; Hough, 2004). Sous l'urbanisation, les ressources foncières
sont fortement consommées et les espaces verts sont très souvent réduits, fragmentés et isolés.
Un tel changement de paysage a non seulement menacé la biodiversité globale sur terre, mais
a également détérioré les commodités de vie de la population urbaine (Yli-Pelkonen et Niemela,
2005).
L’espace vert apparaît comme indispensable dans la ville. Face à la complexité et à la rigueur
de l’environnement bâti, l’espace vert invite au repos et à la relaxation. Celui-ci crée des
barrières contre le bruit et la poussière, mais constitue aussi une source de fraîcheur, une
satisfaction visuelle et une stimulation intellectuelle. La végétation crée un contraste favorable
avec le bâti tout en appuyant et en valorisant les différents constituants du paysage urbain.
(Adra. ALI-KHODJA, 2009)
Les citadins confinés chez eux ont acquis une nouvelle appréciation pour leurs parcs et jardins
locaux pendant la pandémie du COVID-19. Les espaces verts sont devenus une bouée de
sauvetage pour que les gens sortent de la maison, se détendent et se promènent.
Cependant, ces espaces verts au-delà de nos portes sont bien plus que des endroits où passer du
temps. Les chercheurs savent depuis longtemps que les espaces verts urbains sont essentiels à
notre bien-être émotionnel et physique. (Rivers, 2021)
« [Les espaces verts] ne sont pas une commodité, ils sont une nécessité - nous devons l’avoir
», explique le psychologue Marc Berman de l'Université de Chicago. « Tout comme l'eau
propre ou l'air pur, nous devons avoir des espaces naturels dans notre environnement pour que
les gens puissent bien fonctionner. »
Alors que les fermetures pandémiques ont attiré l'attention sur l'importance des espaces verts,
elles ont également mis en lumière la diminution de l'accès à la nature à mesure que de plus en
plus de personnes se déplacent vers les villes. Avec 74% de la population algérienne résidante
dans les villes (Banque mondiale, 2020), fournir des espaces verts accessibles et de haute
qualité est désormais reconnu comme un moyen clé de promouvoir une meilleure santé à long
terme chez tous les résidents et pas seulement quelques privilégiés. Selon (IMES1, 2021), sept
millions de personnes dans le monde meurent chaque année des suites directes de la pollution
de l'air. Le loisir de plein air apporte une rupture nécessaire dans le rythme de la vie quotidienne,
agit comme réparateur biologique et assure l’équilibre nécessaire entre le travail et le repos.
Selon (OMS2, 2003), l'activité physique a un effet protecteur contre diverses maladies.
Un système d'espaces verts urbains bien développé fait partie intégrante du processus
d'urbanisation, et une couverture élevée de l'espace vert indique qu'il existe un grand potentiel
de transformation urbaine supplémentaire (Huang et al. 2018). Cependant, les villes sont
confrontées à des contraintes spatiales et financières dans la création d'espaces verts urbains et,
par conséquent, les plans environnementaux sont souvent reportés indéfiniment (Kim et al.
2018). L'urbanisation, le manque de planification proactive et la répartition inégale des
ressources peuvent entraîner des inégalités socio-économiques entre les villes, des injustices
environnementales et des troubles sociaux (Arshad et al. 2018).
1 IMES : Institut de mesure et d'évaluation de la santé
2 OMS : Organisation mondiale de la santé3
PARTIE INTRODUCTIVE
Alors que nos villes se développent et que de plus en plus de personnes s'installent dans des
espaces déjà surpeuplés, nous avons des défis pour transformer nos zones urbaines en lieux de
vie sains. Un nombre croissant de recherches nous dit que nous devrions laisser la nature
revenir. (Mair, s. d.)
À l’heure actuelle, les espaces verts occupent une place importante dans le tissu urbain des
villes. Au cours du XXe siècle, les recherches écologiques et urbaines conduisent à s’interroger
sur la place des espaces verts dans les zones urbaines en termes d’entretien ou de
renouvellement.
De ce fait, chaque ville prend en considération la notion de l’espace vert comme élément
essentiel qui peut contribuer à orienter le chercheur pour trouver des solutions acceptables,
constituant des systèmes d’aménagement dans le but de répondre à ses besoins sociaux et
d’améliorer son cadre de vie. (Belkacemi Hadjer, 2018)
De ce fait, et afin de comprendre ces systèmes d’aménagement, il faut d’abord comprendre les
relations entre les villes et la nature, c'est-à-dire les interactions entre l’homme et l’espace vert.
À cet égard, de nombreux chercheurs partagent le même avis de Lynch. K (1971), où il souligne
que : « L'aménagement des espaces verts n'est pas non plus juste un remplissage des vides entre
les constructions, mais elle doit être conçue comme une texture complète et continue à travers
le site. Une rangée d'arbres visibles de loin marque un axe majeur, tout comme une masse
d'arbres définit un espace majeur. »
Selon Le Corbusier (1971) dans la Charte d’Athènes : « tout quartier d’habitation doit
comporter la surface verte nécessaire à l’aménagement rationnel des jeux et sports des enfants,
des adolescents et des adultes. »