Abstract:
L'intoxication aiguë en pédiatrie a été identifiée comme une cause fréquente d'accès aux
services d'urgence dans le monde entier. Néanmoins, les informations sur ce problème de
santé publique restent insuffisantes. Alors que plusieurs études en Algérie ont décrit les
caractéristiques étiologiques et épidémiologiques des intoxications aiguës, aucune recherche
n'a abordé l’intoxication aigue en pédiatrie sa prise en charge et le traitement des enfants
intoxiqués.
Il nous a paru nécessaire d’évaluer la prise en charge de un total de 190 cas d’intoxications
aigue reçus et enregistrés dans le service de réanimation de l’Etablissement hospitalier
spécialisé pédiatrique El Mansourah à Constantine pendant la période allant du mois de
Février 2021 au mois d’avril 2022 inclus, soit 15 mois consécutifs. Cette étude concerne
toutes les tranches d'âge pédiatrique allant de 0 à 14 ans et les deux sexes.
Les intoxications accidentelles des jeunes enfants âgés de moins de 5 ans sont les plus
fréquents avec une prédominance masculine expliquée par les caractéristiques physiques et
psychologiques des garçons en le comparant aux filles. L'empoisonnement intentionnel chez
les adolescents, en particulier les filles, est un grave problème de santé publique qui doit être
étudié afin d'identifier les facteurs et minimisé le risque. Il faut signaler que généralement
l’agent causal est une substance non médicamenteuse. Les caustiques et les hydrocarbures
sont souvent en cause, entraînant un large éventail de résultats cliniques. Lorsqu’il s’agit
d’une intoxication médicamenteuse, les psychotropes étaient principalement les molécules
impliquées et les benzodiazépines arrivent en tête avec 16,35 % des cas.
Les intoxications de l'enfant ont un pronostic généralement favorable, à condition qu’une
prise en charge adéquate est instaurée dans des brefs délai. Le traitement symptomatique a
été suffisant pour la majorité des patients intoxiqués. Seulement dans quelques cas, il était
approprié d’associer le charbon activé et le lavage gastrique au traitement. Seuls les patients
intoxiqués par le paracétamol ont reçu un antidote « N-Acétyle Cystéine, FLUIMICINE® ».
Les recherches toxicologiques doivent être systématiques. Elles doivent être mises en oeuvre
dans le cadre d'une étiologie inconnue, pour des raisons médicolégales ou pour mettre en
oeuvre une thérapeutique spécifique. Seulement dans 11,05 % des cas le service de
réanimation pédiatrique a eu recours aux analyses toxicologiques.
L'intoxication pédiatrique aiguë reste un problème de santé publique en Algérie, et sa gestion
nécessite une collaboration et l'intégration de l'expertise médicale et analytique.